Coeur joyeux passe ton chemin


L'océan de nos vies est parfois entrecoupé de tempêtes. Ici échouent les bouteilles des messages de détresses. Le désespoir existe sous plusieurs formes : la quête vaine d'une recherche de sens, un amour perdu ou déchiré, un mal être inexpliqué, la solitude et bien d'autres.

Les âmes en peine n'apaisent parfois leur douleur que par une autre, cherchant un écho réconfortant à leur propres lamentations. Si tu en fais partie, tu trouveras peut-être dans ces lignes de quoi étancher ta soif. Cette douleur deviendra peut-être un jour ta force alors tiens bon la barre et garde le cap vers le soleil.

Et à toi, coeur joyeux qui passe, rebrousse chemin ou prend soin de ne pas faire tienne la souffrante qui suinte en ces lieux. Lis ces écrits comme les belles histoires tristes d'un poète tourmenté. 


Éveil - 10.04.16

Ainsi le cycle se poursuit. Les royaumes se bâtissent et s'effondrent. Boucles de renaissances et de morts dont les actes s'enchainent. Sans fil rouge. Sans sens. Rien

Et pourtant, je pleure cette raison perdue qui dans le brouillard s'est dissoute. Et je regarde ce reflet que je ne reconnais pas. Quelle est cette mélancolie qui m'habite depuis longtemps, trop longtemps? Pictant les aléas de mes humeurs, faisant s’effriter les bords de ma conscience.

Et je suis déboussolée.

Retour à la case départ.

Triste paroles.

Cypris


Entre les nuits

Entre les jours

Valse de cris

Coeur en détour

Dans cette brume épaisse

L'horizon n'est que néant

Las, ce corps s’affaisse

La volonté n'est que fruit dément

L'ombre de l'ombre

Le sourire en déroute

Lentement, je sombre

Lourde de remords et de doutes

 

Cypris

Déchirure - 10.04.16



Insomnie – 28/02/2016

 

Désertique lassitude.

 

J'écoute distraitement le vacarme de l'autoroute de mes pensées. Mes yeux piquent mais le sommeil me fuit. Insomnie de ma conscience, torture mentale. J’attends. C'est tout. Que le sommeil me cueille. Alors la machine se remet en route. Des cliquetis chaotiques et incohérents qui semblent savoir parfaitement où s'agencer. Des engrenages disparates d'une mélopée solitaire. Ainsi chaque soir, défile, le cortège des souvenirs étranges, des réflexions anxieuses et des questions sans queue ni tête. Du brocolis dans le pudding, des chaussettes dans la théière, des lampes en guide de siège... c'est le véritable goûter d'Alice au pays des merveilles. Des conversations incohérentes sur un air sérieux avec des convives farfelus aux manières de prince-évêque... Qu'est donc cet esprit qui enfile au fil rouge de son monologue des perles de réflexions qui n'ont que pour point commun que de se tenir côte à côte ?

 

Je l'imagine tantôt comme un petit vieux grimaçant qui prend un malin plaisir à sortir de ses tiroirs les photos douloureuses de mes plus mauvaises expériences, riant méchamment de la peine qu'elles peuvent me causer. Tantôt, c'est une dame hautaine qui énumère sans ennui la liste des choses que je dois faire, que j'aurais dû faire, que je n'ai pas faites, de mes regrets, de mes remords, des choses perdues ou qui me manquent. Sa voix irritante joue les cordes de mes nerfs avec l'harmonie d'un disque rayé qui tournerait en boucle. Tantôt, c'est une petite fille hyperactive sautillant sur place avec tant d'enthousiasme que je sens presque mes muscles tressaillir. Cette boule de feu derrière mes côtes me tirerait bien de mes draps pou me faire refaire le monde. Cinq fois. Et en triple exemplaire. Ses idées fusent tellement vite que j'ai l'impression que l'on me ressert à table à chaque fois que j'approche ma fourchette de mon assiette. Finalement, je suis débordée et j'ai toujours faim.

 

Je me retourne une nouvelle fois comme si cela allait changer quelque chose au sommeil qui me fuit.

 

Les deux cinéastes entrent en piste. Ils se disputent la palme bien qu'ils ne combattent pas dans la même arène. Le rêveur et l'angoissé, l'optimiste et le pessimiste, l'utopiste et le paranoïaque. Je tangue entre l'espoir démesuré et le désespoir glauque à chacun de leur scénario farfelu. Depuis son balcon, ricane, hilare, le metteur en scène qui d'un geste fait entrer les personnages les plus étranges et chaotiques sans aucune logique. Les planches deviennent une masse grouillante s'arrachant le micro de ma conscience comme des charognes un cadavre fumant. J'assiste, impuissante, à leur prestation tandis que mon corps devient le siège qui me tient, me laissant lourde et immobile, captive de ma propre chaire, ma voix intérieure hurle pour une délivrance qui tarde, tel un être à l'agonie pour qu'on l'achève. Alors, au paroxysme de cette souffrance, à l'orée de la folie, le théâtre s'effondre plus que le rideau ne tombe. Je perds conscience plus que je ne m'endors privant mes sens tendus de la délivrance de la douce caresse de Morphée.

 

Mais dans la pénombre des projecteurs éteints, la salle vide et en ruine s'emplit d'un public fantomatique et austère qui chuchote à mes oreilles milles rêves tourmentés à l'humour noir et cynique. Nul abri dans ses cauchemars mesquins où toute chose innocente se pare d'une aura malfaisante. Et je me réveille périodiquement haletante et oppressée, perdue au milieu d'un cyclone furieux dont chacun de mes sursaut se fait l'effet d'une goulée d'air salvatrice. Je suffoque, je replonge, je me noie, alors que les flots sombres m'avalent encore et encore, m'asphyxiant de leurs abysses sans fond, sans aucun répit. Puis enfin, le soleil se lève, m'arrachant sans tendresse à mes champs de bataille dont je reviens en rescapée perdue, perdante et apeurée. Je m'extirpe de mes draps comme d'une geôle avec hébétude de quelqu'un qui y aurait séjourné trop longtemps. Des lambeaux de ma nuit en guise de bandages s'accrochent encore à moi tandis que j'avance, en automate, vers cette journée qui me tend les bras, ivre d'un combat dont je suis la seule inscrite. A travers mon esprit éreinté, je cherche vaillamment les bribes d'énergie que la nuit ne m'a pas volé, le moral qu'elle ne m'a pas brisé, évitant, tant bien que mal, de regarder dans les yeux de l'angoisse sourde qui se tapit en moi. Celle, hystérique et compulsive, du retour du soir...

Cypris

 


03/11/2014

A la lueur des ombres, dérivant au large des mensonges sans perdre son assurance, la nuit, figée, repeint le monde de son arrogance. Qu’importe les cycles et les saisons, les vies s’unissent, se repoussent et s’achèvent à l’unisson et en totale discordance. Rumeur placide d’une trame implacable, les hurlements des fauves ont fait vibrer l’air pesant.

 

Deux facettes, je me sens si forte et faible, en équilibre sur la lame scintillante du cours de mon existence. Les bourrasques éparpillent aux quatre coins du monde mes rires silencieux et frénétiques. A travers les milliers de miroirs qui me renvoient les reflets déformés de mes songes difformes, je cherche à assembler chaque pièce de ce puzzle éclaté, âme éparse et dépenaillée.

 

Les jambes ankylosées et endolories, se blottir dans la mâchoire du monstre et prier pour sa pitié. Déchéance, je regarde ma vie à travers mes autres. Esprit d’un ancien temps comme greffon étranger sur un corps vacillant. Volonté, force, où se trouvent ses béquilles alors que je me laisse patauger dans le marais qui m’avale goulûment ? Briser les remparts qui oppressent et retiennent l’étendue de mes êtres passés, délier les liens qui m’entravent pour synchroniser mes pensées et mes faits.

 

Je tourne en rond. 

Cypris

 


16/04/2014

Écorchée.

 

Celle pour qui l’âme palpite, amère. Regarder  au loin, de haut depuis le sol, ce monde vil. Aaaah, doux crachat de sang au visage. Les cœurs malheureux qui succombent aux baisers du monde des machines. Lasse encore, toujours. Laisser voguer ces malheurs matériels que je voudrais tant délaisser. Mais quel mirage ?! Une pâle silhouette.  Du sang et de la vitesse. Que d’horreurs peuplent ton sein de veuve. Agonie sombre trépas. Je cours encore sur mes moignons quand résonne le fouet de l’échec. Abandon, désertion, renvoi ! 

Cypris

 


06/03/2014

Se fend et pleure, mon petit cœur. Sur le bord des routes évaporées, son courage s’en est allé. Tristesse infime et infinie, toi qui m’emporte et m’entraine loin des miens. Pourquoi faire de mon être ton refuge alors que mon âme à toi se refuse. Tu troubles l’eau de mes pensées d’une noirceur piquante. L’hiver qui te meut dessine sur ma peau les arabesques de ta mélancolie. Parchemin de douleur, ma peau bleuit. Dans ton ventre de coton, tu as avalé mon soleil, les lumières de mes yeux s’éteignent peu à peu dans l’abîme des tiens. Hypnose tranquille d’une noyade sereine. Les mots et les pensées sont mes armes que tu retournes contre moi et la réalité à travers le miroir se pare d’un air de funérailles. La mariée au cimetière des souvenirs jette sur le sol son bouquet fané. Que n’aurais-je cette chaine qui m’attache encore à l’espoir que je me serais laissée porter par ce vent d’abandon que ta latente torpeur me murmure à l’oreille. Oh douce chose que cette musique enivrante et mortelle sur l’être faible que je suis. Dans l’océan d’émotions, mon roc se rétrécit et tandis que des pans entiers s’écroulent sous mes pieds, je tangue, hésitante sur les bords des abîmes que tu m’esquisses. Tant de jours que je compte sans voir un navire à l’horizon, tant de jours que je ne sais plus quand je suis. La mort m’emporterait que je compterais toujours, impassible, les agonies de la lune dans les rayons dorés chaque matin. Mon corps figé par le sel se fond dans la pierre. Statue blanche et étincelante dans la lumière des étoiles, j’attends… j’attends je ne sais plus quoi. Peut-être ces messages qui ne viennent plus, qui me disaient d’attendre un jour perdu où l’on viendrait me chercher. Hélas, si peu de passé il me reste dans ma mémoire altérée. Les déserts d’eau on remplacé les prairies et les forêts, loin toujours la même ligne qui se confond avec le ciel quand l’orage passe son chemin. Mes lèvres desséchées chantent encore quelques chants dont les paroles ne sont que musique sans sens. Lasse… Des refrains écorchés et des couplets vides. Je regarde toujours, à en pleurer, le Nord-Ouest. En boussole abandonnée sur une carte dépassée, j’attends que tu reviennes, capitaine ou pirate qui avait su me faire danser et me dire où aller. C’est peut-être toi que j’attends sur ce rocher sanglant où j’ai laissé agoniser mes derniers espoirs. Serait-ce l’énergie ultime du dernier spasme de vie qui me maintient ainsi, arbre géant dans cet univers éthéré. Je nourrirais de mes dernières gouttes de sève, ces feuilles pour te porter un message lors de mon dernier souffle. « A toi mon Amour pour lequel je trépasse, vivra toujours en ton doux nom, l’âme pure de ces moments passés à t’aimer… »

Cypris

 


28/02/2014

Chute.

 

Le ciel d’argent s’éclaire, aveuglant. Le vent me brûle le visage tandis que je tombe et frôle du bout de mes ailes déployées les pics déchiquetés. Les bourrasques me jettent contre les murs que je laboure de mes griffes pour reprendre mon envol. Inexorablement vers le fond qui m’attire, alors que je tends le cou vers les nuages rosés. Les flots se jettent à l’assaut de ma démarche erratique. Trempant les plumes de leur chagrin, je m’alourdis, mortelle descente. J’oublie ton visage tandis que les vagues se jouent de mon corps emporté. Le goût métallique du sang a remplacé la douceur de tes lèvres sur les miennes. Je vois trouble. Je manque d’air. Les algues coupantes me donnent l’étreinte que j’allais chercher dans tes bras. Je m’enlise dans mes troubles. Mon cœur ne sait plus comment battre. Je ne vois plus rien, l’illusion de tes souvenirs se tord en d’affreux cauchemars sous mes paupières. Mon âme quitte cette enveloppe qui était déjà vide, vide de ton absence. Ton nom me restait hantant tout mon être et cet amour démesuré que tu avais su y faire naître. Je ne peux plus que verser une unique larme qui comme moi, dans ses eaux profondes,  va disparaître…

Cypris

 

 


07/01/2014

Brume tendre, je me noie. Je ne trouve ni haut ni bas. Je respire en étouffant l’épaisseur des sentiments que je ne peux contrer. Mirage ou non ? Mes remparts se brisent, mes convictions à la dérive. Coquilles de noix sur les ailes du temps. Je trace les mots. Je me repends. Aucune direction, aucun repère dans ce brouillard d’acier que l’explosion de mes boucliers trace de rouge sanguinolent. Aveugles, les ombres qui errent encore, arrachant leurs voiles sur les épines de mes doutes. Je flotte encore sans gravité. Mes pieds enchainés ne peuvent plus marcher. Un reflet dans un regard et le monde s’effondre. De ce mets abandonnés sur les cimes déchiquetées pour quelques dieux oubliés que l’aube n’a jamais pu raviver. Me laisseras-tu me perdre jusqu’à toi… alors que mon monde imaginaire est construit sur des souvenirs effacés, ruines d’une existence trop vite avortée. Les galeries sont vides de rois ou de héros, j’ai tué les princes qui y séjournaient. Les landes sont parcourues de murmures que tes pieds remuent à chaque pas. Dans le silence de ces absences, ton cœur est un orage dont la pluie nettoie mes larmes. Approcheras-tu la bête sauvage qui se tapi encore entre ses murs de pailles, rage dans un corps d’oisillon… Le roc est toujours là, y serais-je ton refuge ou ta perte ? Qui de nous deux se fracassera quand la tempête nous emportera ? Je sombrerais dans l’abime de ces yeux plutôt que de redevenir chimère déchiquetée par les flots. Dans ce froid qui fait mon corps, la chaleur de tes sentiments me brûle. Entre les débris de mes remparts sommeillent les graines de mes espoirs, seras-tu le soleil qui embrassera leur rêve ou le feu qui consumera leur existence ? Sur cette île de résignation, le rafiot a accosté bravement sur les falaises qui l’avaient rejeté sur l’océan. Que vois-tu derrière ces forêts décharnées pour que ton cœur de pirate chante de la sorte ? Tu es la clé d’une délivrance qui me fait peur. Que pourrais-je entendre sur mes lèvres scellées pour retrouver ces choses en lesquelles je ne crois plus… Les mots furent bannis de ces cœurs trop vides qui ne pouvaient plus les contenir. S’effondre sur elle-même la montagne d’une prison trop grande pour moi seule. Où trouver ce qu’il me reste de moi parmi les tombeaux de cristal. Les cryptes sont remplies d’amours déchus que les tours n’ont su protéger. Cet abîme sera-t-il la tombe de ses croyances. Devrais-je tout détruire et te rejoindre sur le rivage ? Pleurer dans tes bras les chaînes que j’aurais enterrées… j’approche tandis que m’agrippent les griffes de ces tourments. Montreras tu à mes yeux fermés ce que j’ai tant voulu oublier ? Poseras-tu sur mes cœurs figés un baiser de compassion ? Je me lève pour une dernière danse, oublier ces pierres encore une fois, transcender le ciel gris et les lames que j’ai avalé. Prend moi avec toi loin d’ici, réveilles la femme que je suis et laisse moi me noyer dans la brume tendre de tes sentiments.

Cypris

 

 


06/12/2013

Mais ces songes trépassent

Et je m’embourbe

Mais quelle importance

Tant que ma tête est libre

Et que le monde s’éteint

Chaque fois que je ferme les yeux

 

Laissons là nos mirages

Des étoiles brisées

Aux arrêtes tranchantes

Que la vie, peureuse

M’encourage à avaler

 

Sans rien attendre

Des champs brûlés

Je cherche les mots

Les mots dorés

Qui volent aux dessus des nuages

 

Sauverons-nous nos âmes

Brebis égarées

Errant dans la brume tendre

Des sommets acérés

Va, berger.

 

Et je contemple

Comme pour la première fois

Ce corps fragile

Qui est le mien

Pourquoi tant de contrôle

Sur cette machine humaine

Alors que dans ma tête

Les dragons me poursuivent

Et si je trébuche parfois

Lorsque mes jambes me font défaut

Jamais ne me lâchera

L’ouragan de pensée

Qui m’enserre, me caresse, m’étrangle ensuite

Dans une danse sensuelle et dangereuse

Cypris

 


21/08/2011

Nos rêves se sont fanés,

Pétales de rose perdus dans le vent

Le vent du nord les a gelés

En milliers de larmes d'argent

 

Tes braises ardentes ne peuvent réchauffer

Ces errants cœurs de cristal

Dans tes bras, il se sont consumés

Tant de visages, dans la brume, pâles

 

A coup de dents et de griffes

Ces mots vides nous ont désertés

Par la tempête, nos voiles s'ébouriffent

Mouvements frénétiques de la bête enchaînée

 

Cette rage profonde qui hurle à la nuit

Espoir qui en moi gronde comme un dernier sursis

N'ai-je donc pas assez tourmenté

Les pierres tombales de nos instants passés

 

Viens me tirer de ce gouffre sans fond

Où j'erre sans but et sans relâche

Le cœur en peine, les yeux sans tons

Je vis, j'oublie, je pleure telle une lâche

Cypris


26/11/2009

Un petit rafiot

A l'aileron brisé

Je me laisse aller

Au grès des flots

 

J'ai perdu ma destination

Plus de boussole, plus de gouvernail

Dans le ciel, plus une étoile

Une île à l'horizon

 

Échoué sur le flan

Le mât trouant les dunes

Ce soir de pleine lune

Les matelots quittent mes bancs

 

Rien de plus qu'une épave

Au nom délavé

Aux voiles déchirées

La mer dans mes caves

 

Pour le plaisir des habitants

On me fait bûcher

Mon histoire est en fumée

Cendre à mes dépends...

 

Cypris


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